ENQUÊTE PUBLIQUE À PROPOS DU PARC AGRIVOLTAÏQUE DU SAVONNET D’ESPÉRAZA

Suivez l’avancement du projet sur ce lien :
https://www.baywa-re.fr/fr/projets/solaire/savonet

1° Les effets néfastes des « énergies renouvelables » massivement développées :
Conformément à nos objets statutaires, nous avons exprimé notre opposition à l’éolien industriel et au photovoltaïque en plein champ. Nous avons souligné :
– Les conséquences désastreuses sur le cadre de vie, les paysages, le patrimoine historique, culturel, impactant l’économie touristique du territoire.
– Les effets destructeurs pour des espèces menacées : oiseaux, chiroptères….
– Le caractère contreproductif de ces énergies : productions intermittentes nécessitant en complément des centrales thermiques ; donc une augmentation des émissions de CO2.
– La disparition de surfaces agricoles au profit d’immenses centrales photovoltaïques.
– L’ambiance délétère constatée dans de nombreuses Communes :
Les graves conflits dans les villages entre ceux qui voient leur cadre de vie dégradé par ces installations industrielles et ceux qui bénéficient de confortables redevances au titre de l’implantation de ces productions sur leur propriété (souvent loin de leur habitation).
2° Le décret agrivoltaïsme de 2024 impose d’autres critères aux installations agrivoltaïques. Pour résumer, la production agricole des installations doit :
Respecter ces quatre objectifs (l’amélioration du potentiel et de l’impact agronomiques, l’adaptation au changement climatique, la protection contre les aléas et l’amélioration du bien-être animal)
Demeurer l’activité principale de la parcelle (surface photovoltaïque limitée)
Être significative (rendement agricole minimal)
Générer un revenu durable
Être réversible
3° Ferme solaire du Savonet.

« La MRAe relève que le dossier ne traduit pas la recherche du site pouvant être considéré comme optimal, du point de vue de critères environnementaux, parmi plusieurs solutions alternatives raisonnables au sens du code de l’environnement (art. R. 122-5). La réflexion doit porter sur tout le territoire intercommunal, en étudiant notamment les possibilités foncières alternatives en secteur déjà artificialisé ou présentant de faibles enjeux environnementaux.
L’étude d’impact et ses compléments présentent des lacunes dans l’estimation des enjeux et des impacts du projet sur les rapaces et les reptiles. La MRAe recommande de réévaluer les impacts du projet sur les rapaces ayant permis la désignation des sites Natura 2000 proches et préconise de nouveaux inventaires pour les reptiles. »
La zone d’implantation du projet est localisée dans le parc naturel régional de Corbières-Fenouillèdes. Le PNR indique que les enjeux cumulés » du projet, et notamment les impacts sur les habitats d’espèces de faune et de flore patrimoniales sont en contradiction avec les dispositions de la Charte du PNR CF en matière de biodiversité.
La zone d’implantation est située au sein de la ZNIEFF de type II « Corbières occidentales », à proximité immédiate(100m) d’une ZNIEFF de type I, la ZNIEFF « pelouses du Plateau de Rennes-le-Château » et à 1 km de la ZNIEFF de type 2 « plateau de Puivert ».
Le projet est situé dans des zonages de plans nationaux d’action suivant : Lézard ocellé, vautour percnoptère,Vautour fauve, Desman des Pyrénées et placettes d’alimentation nécrophages ainsi que Gypaète barbu et le domaine vital de l’Aigle royal.
Le nombre très élevé de zones naturelles d’intérêt ou réglementées concernées par le projet témoigne d’une richesse spécifique très importante et démontre l’importance de la zone pour la biodiversité.
Egalement, 319 espèces végétales ont été inventoriées et 32 types d’habitats (zones boisées, pâturages, friches, pelouses sèches et garrigues).
Ce projet est situé à 1 km de la zone de protection spéciale (ZPS) « Pays de Sault » et au sein de la ZPS « Hautes Corbières ». Cette ZPS a été désignée au sein du réseau Natura 2000 pour ses enjeux avifauniques.
« De par sa superficie et son implantation dans un paysage encore préservé, le projet va transformer les paysages naturels par la mutation des terres agricoles en ferme solaire. De plus, le parc photovoltaïque est situé à 500 m du site inscrit formant un écrin autour de Rennes-le -Château et se situe également à moins de 1300 m de l’église protégée d’Espéraza. Le site d’étude positionné en point haut reste visible depuis les hauteurs environnantes et, comme l’indique le dossier, les sensibilités sont donc fortes depuis Rennes le Château qui recoupe des enjeux paysagers(belvédère), patrimoniaux (monument historique) et touristiques. Des sensibilités modérées sont aussi à relever depuis Saint Ferriol, la tour de Fa et les hauteurs d’Espéraza qui disposent de vues très dégagées sur le site.

Pour la zone bovine, la hauteur minimale des panneaux sera de 2,85 m au sol et de 3,85 m maximum. Avec 8 postes de transformation, 2 postes de livraison, une piste interne, une piste externe, une clôture grillagée sur tout le pourtour de la centrale, un périmètre coupe feu, ce projet industrialise une zone naturelle de première importance et impacte les sites majeurs avoisinants, dont particulièrement Rennes le Château) ».
(Avis sur la création d’une centrale photovoltaïque au sol sur la commune de Espéraza émis par la MRAe le 29 avril 2024)

D’autre part ; l’expérience des installations existantes, tant sur des cultures que dans des parcelles d’élevage, montre des résultats inquiétants.

Ainsi la loi Aper demande aux projets « agrivoltaïques » «d’améliorer le potentiel et l’impact agronomique». Or dans ce rapport interne de janvier 2023, Sun’agri (3) alerte lui-même sur un ensemble de « risques associés à une diminution trop importante des rayonnements » à cause des panneaux. Sur la première parcelle expérimentale installée en 2019, l’entreprise a piloté l’inclinaison des panneaux en leur faisant suivre la course du soleil en permanence. En trois ans, la croissance des troncs des pommiers a ralenti de 30 % en moyenne. Cette « forte diminution reflète que cette stratégie [de pilotage] n’est pas pérenne»,
Pire encore, l’entreprise constate que ces installations n’améliorent même pas le rendement ! En moyenne, elles vont au mieux le maintenir et souvent le baisser. Ainsi, entre 2019 et 2022, les pommiers ont produit en moyenne 28 tonnes par hectare et par an contre 40 tonnes sur la zone témoin, soit une baisse de rendement de 30 % !
« Moins de goût et de couleur »
La loi est si bien faite qu’elle autorise un moindre rendement s’il est alors compensé par une «amélioration qualitative » des fruits cultivés sous des panneaux. Malheureusement les faits sont tenaces, les fruitiers ne sont pas mieux. Les ingénieurs de l’entreprise ont en effet constaté que « la qualité des fruits reste inférieure aux fruits témoins ».
Les pommes sont moins sucrées et contiennent une plus grande proportion d’eau. Les cerises et les pommes sont également moins colorées. Et le poids des nectarines subit une baisse de 9 à 14 %.
Enfin, tandis que les panneaux ont diminué les coups de soleil sur les fruits ainsi que les attaques de chenilles foreuses, en revanche, « les dégâts de bitter, de punaises et ceux dus aux traces de doigts lors de la récolte sont à surveiller car favorisés sous agrivoltaïsme », alerte le rapport.

Sun’agri patine sous les panneaux :

Voyons si les ingénieurs vont réussir à démontrer que leur technologie permet de cocher les cases de la « protection contre les aléas» et de «l’adaptation au changement climatique». Car un épisode de gel au printemps peut détruire les fleurs, et ainsi mettre à mal la production d’un fruitier. Mais « si on regarde l’effet des panneaux photovoltaïques sur la température de l’air, on observe très peu d’effets », admet Sun’agri, dommage ! Sur les nectarines, les panneaux n’ont pas évité la nécessité d’avoir recours à des bougies et ont un effet minime par rapport à celles-ci : les panneaux ont réchauffé l’air de 0,3°C contre 2°C avec les bougies.
Finalement, on réalise avec ce rapport que les dégâts du gel seraient limités surtout par… un retard de croissance des arbres sous les panneaux ! Et oui, coup de bol pour l’agrivoltaïsme, comme la croissance des arbres est ralentie, les fleurs sont à des stades moins avancés au printemps, et en mars 2020 ce retard « a permis de limiter la sensibilité au gel des fleurs ». Mais est-ce qu’un choix de variétés plus tardives ne ferait pas l’affaire ? En tous les cas, cet effet indirect n’a pas empêché le rendement des pommiers de diminuer de 27 % par rapport aux témoins en 2020. Un seul cas fait exception : en 2021, les pommiers sous les panneaux ont été moins affectés par le gel que ceux témoins. Dans tous les autres épisodes de gel, les rendements de vergers baissent sous les panneaux.
Alors pourquoi déployer autant d’acier ? Même Sun’agri semble en reconnaître l’absurdité en expliquant que « les méthodes de lutte passive, préventives [contre le gel] sont les plus économiques et les plus efficaces : choix de la parcelle, choix de la variété, enherbement du sol et nutrition de la plante ». D’ailleurs, d’après Noëlle Dorion, enseignante à Agrocampus Ouest, l’agroforesterie permet aux températures nocturnes de gagner jusqu’à 3°C, tandis que les panneaux de Sun’agri peinent à atteindre bien 0,3°C.
L’effet protecteur des panneaux est-il plus net contre la canicule que contre le gel ? Si le rapport de Sun’agri mesure des températures légèrement plus faibles sous l’ombre des panneaux en juillet, il déplore que « lors d’une journée estivale ventée aucune différence significative » n’existe à cause du « vent qui homogénéise la température sur la parcelle ».
Quid de la production de fruits ? En 2019, l’entreprise observe que les fruits des arbres au soleil stoppent leur croissance pendant une vague de chaleur, contrairement aux fruits sous les panneaux. Enfin un effet concret ?
Pas si vite. Les premiers rattrapent vite leur retard une fois la canicule finie et retrouvent «leur trajectoire initiale ».

Élevage sous tension :
L’autre argument des industriels est de faire croire que l’ombre des panneaux favorise le bien-être animal. C’est même le quatrième critère de la loi Aper, permettant de distinguer « les bons projets agrivoltaïques » des « mauvais projets photovoltaïques». Mais les panneaux s’accompagnent de lignes électriques et plusieurs décisions judiciaires d’indemnisation d’éleveurs confirment les nuisances de ces dernières. Ainsi en novembre 2022, le tribunal administratif d’Alençon reconnaît que la dégradation d’un troupeau de vaches laitières dans l’Orne est « la conséquence directe et certaine » de l’installation d’une ligne souterraine moyenne tension. Cette problématique est aussi présente dans le rapport du Député centriste, Bolo, expliquant en 2021 que « la sensibilité des animaux d’élevage est supérieure à celle des humains ». Il ajoute que les expériences « permettent de comprendre les comportements des animaux d’élevage confrontés à un stress électrique : évitement de certaines zones lorsque la fuite est possible ; prostration accompagnée de conséquences cliniques, zootechniques et sur la production lorsque les animaux ne peuvent pas échapper aux perturbations électriques ; modification du comportement des troupeaux avec le développement de l’agressivité et des chevauchements chez les bovins, voire cannibalisme chez les porcs ».
En 2022, lors de notre enquête sur les Pyrénées-Orientales (1), nous avons recueilli le témoignage édifiant d’un éleveur pourtant favorable aux centrales. Il relate que ses 54 agnelles « avaient connu le bélier deux mois avant de les avoir emmenées. Elles sont restées un mois et demi là-bas, je les ai ramenées, normalement elles auraient du agneler et sur 54 il y en a aucune qui a mis bas. Normalement j’ai toujours un carton plein. » Il ajoute : « Mes bêtes, je les change tous les jours de pâtures, quand elles ont plus d’herbe elles me suivent. Là je les ai emmenées dans les parcs, il y avait de l’herbe en pagaille et quand j’allais vers la porte elles me suivaient, elles voulaient sortir.
De toute façon j’y allais, moi j’avais mal à la tête, et j’y suis allé avec des copains et ils avaient les mêmes symptômes ».
La même année, la Fondation pour la Recherche et la Biodiversité met en avant « la pollution électromagnétique générée par les câbles utilisés pour le transport de l’électricité en provenance des panneaux [qui] peut affecter les espèces très sensibles à ces champs telles que certains poissons ». Plus surprenant encore, le refus par le préfet de l’Aveyron de l’étude préalable agricole du projet Voltalia sur 60 hectares, affirmant qu’elle « n’a pas abordé la présence de champs électromagnétiques sous les panneaux et leur influence sur le comportement et la santé des animaux qui pâtureront à proximité ».

Une expertise inédite :

Pour enfoncer le clou, nous nous sommes intéressés à l’étude réalisée en 2022 par le CRIIREM (2) sur un parc photovoltaïque construit par l’entreprise IEL en Mayenne. Il a fallu saisir la CADA pour obtenir ce rapport que la mairie de Changé refusait de nous transmettre. Alors même que nous savons les animaux plus sensibles que les humains, ce rapport démontre que les valeurs mesurées sur les lignes électriques qui accompagnent les panneaux dépassent également les préconisations sanitaires pour les humains. Ainsi selon l’ANSES « il existe une forte convergence entre les différentes évaluations des expertises internationales qui se maintient dans le temps. Une association statistique entre exposition aux champs magnétiques extrêmement basses fréquences et leucémie infantile a été observée par différentes études épidémiologiques. Elle est statistiquement significative pour des champs magnétiques dont les niveaux sont supérieurs à 0,2 ou à 0,4 μT [microTesla] ». Le problème est que dans la Mayenne, le CRIIREM trouve des valeurs bien supérieures. Par exemple les câbles enterrés sous des chemins émettent 0,62 μT 1,8 μT en production maximale ! Et alors même que des onduleurs se retrouvent nombreux sous toutes les centrales, il est calculé sur l’un d’entre eux 4,5 μT en production maximale. Le CRIIREM met alors en garde : « les mesures extrapolées à production maximale montrent des risques d’effets physiopathologiques ». Et le CRIIREM d’insister : « Des études scientifiques réalisées sur l’animal révèlent des perturbations sur les rythmes circadiens, les défenses immunitaires et le système nerveux auxquelles sont à ajouter des effets promoteurs ou co promoteurs dans la cancérogenèse ».

Mesures ERC : Conflits d’intérêt ?

Madame Marie-Aude Pons sera la bénéficiaire des terres utilisées pour ce projet, terres dont elle dispose depuis certainement de longues années, sa famille vivant sur la commune de Pailhères depuis le début du XIXème siècle, y cultivant la vigne, élevant les animaux, dont les vaches et faisant l’accueil en gîte à la ferme. (GAEC des Aouzines à Espéraza.)
Afin de pérenniser l’usage de ces terres pour sa famille et continuer à obtenir les subventions de la PAC, il est bien évident qu’elle serait directement concernée à divers titre d’intérêts par cette réalisation.
On n’est pas du tout dans le cas de la pérennisation d’une installation agricole confortée depuis des décennies qui profite déjà de la location de ces terrains communaux, pas plus d’une installation nouvelle d’un jeune agriculteur.
Mme Marie -Aude Pons est également 2ème adjointe du maire d’Espéraza, et quand bien même elle se retirait des votes sur ce sujet lors des conseils municipaux, cela n’enlève en rien l’opportunisme de la situation.
Mais aussi, que dire de la compensation de 166 005 € qui sera dédiée au maintien de l’abattoir de Quillan, dont Mme Marie -Aude Pons est co-gérante ?

Pour rappel, depuis la loi Aper et le décret du 8 avril 2024, une distinction essentielle a été faite entre les installations agrivoltaïques et les autres projets photovoltaïques au sol, soit l’amélioration du potentiel et de l’impact agronomique, l’adaptation au changement climatique.
Dans le projet qui nous occupe, il est prévu d ‘abattre des cèdres et des pins plantés il y a 25 à 30 ans par l’ONF grâce à l’argent du contribuable de l’Etat, Région, département..) Et qui sont toujours en croissance. Nul n’ignore que les forêts sont une force stabilisante pour le climat. Dans l’ensemble, pour atténuer les changements climatiques, deux choses sont nécessaires : réduire les émissions de dioxyde de carbone (et autre GES) et éliminer l’excès de dioxyde de carbone de l’atmosphère. Cette destruction forestière n’est pas prise en compte dans l’étude d’impact.

Notre capacité d’aménager les forêts de manière efficace dans le but d’éliminer une partie du dioxyde de carbone actuellement émis par les activités humaines aura une incidence sur les futurs taux d’augmentation de ce gaz dans l’atmosphère.
Toute mesure visant à conserver, restaurer ou améliorer l’utilisation ou l’aménagement des forêts et autres écosystèmes riches en carbone, peut être considérée comme une solution climatique dite « naturelle ».

La loi Aper demande aux projets « agrivoltaïques » « d’améliorer le potentiel et l’impact agronomique ». Sun’agri, promoteur de ce concept, alerte lui même sur un ensemble de « risques associés à une diminution trop importante des rayonnements » à cause des panneaux.
Comment des panneaux amélioreraient la qualité agronomique des terrains concernés ?
Est ce que la photosynthèse se développe mieux à l’ombre et avec une répartition irrégulière de l’eau de pluie et du soleil ?
Les centrales PV au sol limitent la photosynthèse avec des pertes importantes sur la production d’herbe qui réduisent la production agricole. (par exemple en Indre et Loire, la Chambre d’Agriculture anticipe pour une ferme expérimentale agrivoltaïque une chute de 45 % de la production en ovine viande, due à une baisse de la production d’herbe.
Est ce que les terres agricoles ont besoin d’installations industrielles pour améliorer leur potentiel agricole ? Bien sûr que non, car ces réalisations au sol correspondent bien à une artificialisation qui dégrade les fonctions des sols et nuit à la biodiversité.
Les panneaux diminuent la surface agricole utile, gênent le travail et réorientent les choix de production vers ce qui est compatible avec les panneaux, plutôt que vers ce qui est souhaitable agronomiquement.

Quant à la protection contre les aléas, protéger les vaches de la pluie ? De la grêle ? De la chaleur ? Des insolations ? (Dans le projet, celles ci n’y paisseront que 2 mois par an, au printemps et à l’automne, périodes hors gel et fortes chaleurs.

Etude de l’ADEME :

Dès 2019, une étude de l’ADEME (Agence de la Transition Ecologique) relevait les friches, sites dégradés ou parkings mobilisables et susceptibles d’accueillir des parcs photovoltaïques. Et donc d’éviter leurs implantations en zone naturelle avec un potentiel de 53 Gwc, réparti à 93 % sur les zones délaissées (49 GWc) et à 7% sur les parkings (4 Gwc). L’Aude compte un potentiel de production de 146 MW sur ces terrains anthropisés. En 2022 le CEREMA (établissement public) actualisait le tableau, identifiant 41 sites de friches dans le département.
Curieusement le site industriel et pollué d’Effisol à Espéraza aurait une autre « vocation » ?

Mesures ERC « Eviter Réduire Compenser ».

C est une déclinaison technique et opérationnelle des engagements internationaux et nationaux pris par la France en matière de préservation des milieux naturels.
IL s’agit d’éviter toute atteinte aux milieux naturels et aux services associés ; à défaut de les réduire et en dernier lieu de les compenser. Introduite en droit français la séquence ERC vise depuis 2016 à une absence de perte nette de biodiversité dans la conception puis la réalisation de plans, programmes ou projets d’aménagement du territoire.
Est ce que la seule mesure d’ERC est la subvention de 166 005 € accordée à l’abattoir de Quillan qui n’a strictement aucun lien avec des mesures attendues de réparation des destructions de la biodiversité observées sur le site.

Ce projet agrivoltaïques d’Espéraza autorise la destruction de terres agricoles par l’implantation de pieux, de plots, de longrines, de clôtures, de postes de transformation et de livraison, de pistes internes et externes, de tranchées de raccordement sur des kms du courant produit, de lignes enterrées et de voies d’accès qui affectent les sols, perturbent la faune et la flore de façon durable.
Ce projet nuit à l’intégrité et à la qualité des paysages et est situé au moins pour ½ dans une zone naturelle à enjeux forts à très forts.

La MRA e recommande, entre autre, de produire de nouvelles mesures pour réduire l’impact visuel du projet depuis les lieux environnants.

En conclusion, ce projet ne répond pas aux critères du décret agrivoltaïques de 2024 concernant l’amélioration du potentiel et de l’impact agronomiques, l’adaptation au changement climatique, la protection contre les aléas et l’amélioration du bien être animal.
Il est situé sur une zone à enjeux forts et très forts au niveau de la biodiversité et la MRAe préconise de nombreuses recommandations, nouvelles études et mesures diverses et constate que la réflexion sur une implantation de ce type doit porter sur tout le territoire intercommunal, en étudiant les possibilités foncières alternatives en secteur déjà artificialisé ou présentant de faibles enjeux environnementaux.

Le bureau syndical du PNR du 18 janvier 2024 a délibéré sur ce projet. La conclusion de tous ces débats est : 1 avis favorable / 4 avis défavorables / 6 avis réservés.

Dans ces rapports de 2018 et 2019, l’ADEME appelle à privilégier les gisements en toitures et friches industrielles, largement suffisants en France pour atteindre les objectifs fixés par l’Etat, « pour éviter d’occuper des sols agricoles et de nuire à l’image de cette énergie renouvelable ».

Nous sommes favorables à un développement sur les espaces artificialisés, les immeubles collectifs, maisons particulières, bâtiments agricoles existants, parkings…) et défavorables au développement de centrales solaires dans les espaces naturels et en substitution d’espaces agricoles ou forestiers.

L’association AIRE ( Aide à l’Initiative dans le Respect de l’Environnement) 2 les moulins 11500 Saint Ferriol, émet un avis défavorable au projet de la ferme solaire du « Savonet » porté par la commune d’Espéraza.

La présidente Nadine L’Hénoret

1 : ccaves.org : les cultivateurs de kilowatts font main basse sur les Pyrénées-Orientales
2 : Centre de Recherche d’Information Indépendant sur les Rayonnements Electro Magnétiques.
3 : Le chercheur Christian Dupraz et l’entrepreneur Antoine Nogier ont mis sur orbite le groupe industriel Sun Agri, grâce à un intense lobbying et aux millions de subventions provenant de la région Occitanie, où le premier était élu EELV…

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